Troublée par ses propres pensées, Saskia se parlait à elle-même :
« Cela faisait bien 20 ans que je n’avais pas mis les pieds à Paris. Il ne me restait de la Capitale que de vagues souvenirs, un brin d’émotions et quelques impressions diffuses.
Le temps semblait avoir tout emporte, sauf le souvenir de ce premier amour, a Denfert Rochereau.
Je me revois, toute fraiche, toute pimpante avec ma petite robe blanche à pois rouges et mes cheveux attaches dans un chouchou assorti.
Je me souviens avoir emprunte l’avenue René Coty a ses cotes. Je me souviens…nous étions jeunes, insouciants et nous marchions main dans la main. Nos regards se rencontraient avec délices. Il avait une posture altière, un regard pénétrant qui savait m émouvoir jusqu’ aux larmes. Il émanait de son être beaucoup de douceur. Nous nous étions rencontres par hasard, a la place Denfert Rochereau, a proximité du lion majestueux, symbole de résistance et de force.
Nous avions foi en notre amour que nous jugions aussi solide que ce lion juste devant nous. Nous nous étions jure fidélité, nous avions fait serment de ne jamais nous séparer.
Mais le destin en avait décidé autrement.
J’ai dû quitter Paris, par la force des choses.
J’ai fini, au fil des années, par perdre la trace de celui que j’avais tant aimé.
Je me suis mariée, je n’ai pas eu d’enfants. Un jour, j’ai divorcé.
J’ai toujours ressenti de vide de son absence.
Certes, j’aurais pu le rechercher. Avouez que retrouver Pierre Dupont à Paris revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin.
Je pensais que je serais plus chanceuse à décrocher le gros lot en jouant au loto national. J’y jouais d’ailleurs de temps en temps. Je jouais toujours la même combinaison : nos deux dates de naissance, à Pierre et à moi.
À ma grande surprise, je gagnai au tirage de la semaine dernière, la somme non négligeable de deux millions d’euros.
J’étais certes riche, maintenant, mais je ressentais un immense vide au fond de mon cœur. »Dans un élan insensé , caressant vaguement l’espoir de retrouver Pierre, un jour, peut-être, au hasard d’une rencontre, elle retourna à Paris. Elle s acheta un somptueux appartement tout près de la place Denfert et décida de retourner au café de ses premières amours, dans ce même café, ou elle avait échangé ses premiers baisers passionnes avec Pierre. Elle commanda un café, s’assit a la même place qu’elle avait occupée 20 ans auparavant. « Et si je ne lui plaisais plus…j’ai 20 ans de plus, tout de même ? Et lui, a quoi peut-il bien ressembler ? » Saskia se torturait mentalement, puis elle décida de se laisser aller. Elle s affaissa légèrement sur sa chaise et ferma les yeux pendant quelques instants. Quelque un posa sa main sur la sienne. « Saskia ? Toi ici ? »
Elle ouvrit les yeux…Un homme charmant, qui avait quelque peu mûri mais en qui elle reconnaissait les traits de celui qu’elle avait aimé passionnément vingt ans auparavant, se tenait devant elle en souriant. Saskia se leva d’un bond et se jeta au cou de Pierre. Certes, il y avait une chance sur un million que cela se produise, et pourtant, le miracle de l’amour avait encore opéré au cœur de Paname.
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